La première pièce pour clarinette hybride en concert le 14 mars au CNSMDP

Libellule de Marco Suarez Cifuentes, pour clarinette basse hybride, ensemble et dispositif électroacoustique

Alain Billard, clarinette basse (solo)

Kakeru Chiku, flûte basse
Fanny Vicens, accordéon
Noam Bierstone, batterie
Thibault Lepri, marimba
Florentin Ginot, contrebasse
Eun-Joo Lee, violon
Hans Loirs, déclenchement électronique

Pierre Strauch, direction
Marco Suarez-Cifuentes, composition

Augustin Muller, réalisation Informatique musicale
Ettiene Graindorge, Ingenieur du son
Jacques Warnier , RIM 2

Pièce réalisée dans le cadre du doctorat SACRe-PSL-CNSMDP.

Vendredi 14 Mars 2014 – Espace Mauricie Fleuret – CNSMDP
209 Avenue Jean Jaures, 75019 Paris

Libellule, pour clarinette basse hybride, ensemble et dispositif électroacoustique c’est le fruit d’une  très belle collaboration avec Alain Billard (clarinette), il s’agit du deuxième travail de composition du cycle intitulé « Manglar » sur lequel je travaille sur l’idée d’une diffraction de l’espace de représentation acoustique et musicale, et je recherche dans l’écriture électroacoustique la manière de symboliser, d’accentuer et de matérialiser ces séparations.

La sonorisation, et l’utilisation des haut-parleurs comme des sources acoustiques, permettent de développer une plasticité de l’espace sonore et de rapprocher le spectateur du son instrumental rendant audibles les variations de timbre les plus infimes. Ceci permet d’élargir le champ d’action sonore du geste instrumental et de constituer par la proximité du  microphone une nouvelle forme de relation physique entre l’interprète et son instrument qui peut être pensé alors comme un espace chorégraphique.

Ce projet a été développé pour la clarinette basse hybride (Selmer) jouée par Alain Billard, prototype issu de sa collaboration avec l’équipe de l’ANR IMAREV (resp. Adrien Mamou-Mani) à l’Ircam. Grâce à un système comprenant une captation et une diffusion embarquées, cet instrument est capable d’émettre des sons hybrides, à la fois acoustiques et traités informatiquement en temps-réel, sans branchement sur une enceinte externe.

Libellule est conçue comme un diptyque de grande vitalité jouant sur des structures rythmiques complémentaires entre le soliste et le dispositif électroacoustique, ou le soliste et les 6 instruments de l’ensemble de chambre et le dispositif électroacoustique. L’utilisation des sons percussifs dans la clarinette avec un travail précis sur le timbre l’articulation ainsi que la gestuelle du musicien est utilisée pour construire une polyrythmique qui sera soulignée par le travail d’orchestration.

La couleur diatonique micro tonale est différenciée pour chacun des registres de l’instrument, et par ailleurs la sensation de gravitation modulante produite par plusieurs pulsations rythmiques superposées et décalées à l’intérieur d’une seule texture instrumentale, produit un effet de mobilité élastique en continue que j’ai souhaité développer et approfondir avec la Clarinette Basse dans la réalisation de Libellule.

L’ensemble instrumental de Libellule est constitué par deux groupes instrumentaux sonorisés et mis en espace dans l’espace des haut-parleurs : le premier associant la flûte, l’accordéon et la première percussion; et le deuxième, le violon, la contrebasse, la deuxième percussion. L’utilisation des combinaisons de ces instruments dans l’orchestration, ainsi que la mise en espace permettra de souligner les divergences des timbres créés par la polyrythmique de la clarinette soliste et de créer ainsi une mobilité des gestes musicaux dans l’espace acoustique et l’espace des haut-parleurs.

Je remercie vivement l’engagement des musiciens et du service de production du CNSMDP, à l’IRCAM   pour faciliter la préparation de ce projet, ainsi qu’aux conseils d’Adrien Mamou-Mani, Markus Noisternig, Fréderic Bevilacqua et Norbert Schnell à l’IRCAM.

Libellule est dédiée à Alain Billard.